« Le beau jeu ne paie plus ! », par Jean-Marc Mézenge

« Le beau jeu ne paie plus ! » … Cet adage qui a souvent été entendu sur tous les terrains de France et de Navarre a traversé le temps, mais aussi, forcément, l’esprit des hommes qui ont la charge de faire évoluer le jeu de football. Quel que soit le niveau, on a toujours voulu opposer efficacité et esthétisme. Depuis toujours, deux écoles se sont distinguées pour symboliser ces deux extrêmes : le catenaccio des années 70 d’Heleno Herrera pour la « négation du jeu » et  la « dream tean – années 90 » du Barca de Johann Cruyff pour « l’affirmation du JE ». Lire la suite

« Le derby, 20 ans après ! », par Jean-Marc Mézenge

« Je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent connaitre … ». C’était un autre football, un autre « stade », une autre vie.  Le 23 décembre 1990, lors du dernier derby breton du XXème siècle, entre Rennes et Brest, la victoire des rouge et noir, 3 à 0, a ravivé des souvenirs mais aussi  la saine rivalité entre ces deux clubs qui opposaient deux philosophies, deux conceptions : le « foot business made by François Yvinec»  du Brest Armorique FC de David Ginola, Bernard Lama et autres Corentin Martins» et le « Stâde » des frères Delamontagne, François Omam Biyik et du coach Raymond Kéruzoré, véritable icône vivante controversée d’un football collectif qui suintait une connotation politique très marquée. Si je reviens sur cet évènement qui, j’en conviens, date un peu, c’est que j’ai vécu ce moment inoubliable dans un contexte particulier. Adjoint de « Kéru » c’est  assis à ses côtés sur le banc de touche –  enfin façon de parler car Raymond le Zébulon, remonté comme une pendule, faisait le show derrière sa cahute – que j’ai pu, de très près, vivre des émotions que seuls une époque, un contexte et un homme étaient capables de générer chez des milliers de gens,  spectateurs de cette furia rennaise. L’atmosphère était lourde et pesante, et plus qu’une quête de victoire sportive, «  Kéru » avait envie de régler « son solde de tous comptes » avec un Président qui n’avait pas voulu, quelques années auparavant, jouer les seconds rôles à Brest. Lire la suite

« Pour la réforme des retraites ! », par Jean-Marc Mézenge

En période de grèves et de pénurie d’essence, les footballeurs, eux, ont – parait-il – la belle vie, épargnés par les soucis du quotidien.

Que l’on soit du bon ou du mauvais côté de la barrière, on ne touche pas au monde du foot. Vous avez observé !  Pas de stades fermés les vendredi, samedi ou dimanche soir venant perturber l’exercice de leur fonction ; pas de grèves sauvages pour éviter de galvauder les obligations de nos championnats ou de bafouer une éthique sportive bien souvent malmenée mais, bien sûr,  « respectée par presque tous les acteurs et supporters » ; pas de pannes de gasoil du bus des joueurs ou d’opérations « escargot » des transports en commun sur le chemin des vestiaires le jour du match ; pas de files d’attente aux guichets pour causes de volets clos ; pas de piquets des services publics responsables de la logistique des terrains ou de la sécurité ; pas de journalistes en grève évoquant la pénibilité de leur job; pas question, ça va de soi, de contrarier le bon fonctionnement d’une journée de L1 ou de L2 qui verrait les parieurs en ligne ou autres téléspectateurs privilégiés, se détourner de toutes ces actions impopulaires ; enfin, pas d’envahissements, non plus, des pelouses par des jeunes un peu casseurs, pour condamner une erreur de jugement qui est devenue absurde : la retraite des footballeurs à la fleur de l’âge.

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« On est tous des Fabien Lemoine en puissance ! », par Jean-Marc Mézenge

Fabien Lemoine revient de loin ! Il revient même de Nancy où il a laissé son rein dans un duel trop violent avec un adversaire trop déterminé. Il aurait pu y perdre beaucoup plus. Dans un article, le jeune et prometteur joueur du Stade Rennais relate avec une précision chirurgicale le déroulement de cet accident inhérent à la pratique du football mais qui reste, quand même, très exceptionnel. Les détails nous font frémir. Loin de moi la pensée que ce traumatisme soit anodin et, avec force et sincérité, je compatis à la souffrance du joueur et celle de sa famille. Mais combien de footballeurs qui rêvaient, comme Fabien, d’une carrière sans embuches, ont été victimes de « blessures » qui pour certains n’ont jamais cicatrisé ? Aussi, l’interview se termine par cette phrase laconique mais pleine d’émotion : « Pour l’instant le plus important, c’est la vie. Le reste … ».

Parlons-en du reste ! Le football devient-il vraiment secondaire dans des moments aussi douloureux ? Sans aucun doute, mais le temps et l’envie modifient souvent « la donne » et je suis sûr que Fabien, de nature combative, va retrouver ses sensations et son niveau. Lire la suite

« Ich liebe Dich deutsche Mannschaft ! », par Jean-Marc Mézenge

Comme 82 millions d’allemands réunifiés depuis la chute du mur de la honte, ce cri du fond du cœur, vestige des rudiments de ma culture germanique, est venu ponctuer chaque prestation de la « Nationalmannschaft » durant tout ce mondial 2010.

Le monde du football a pu apprécier une équipe exceptionnelle qui a éliminé, de façon spectaculaire, des Anglais (4-1) en 8ème de finale, des Argentins, certes diabolisés par «el diez», mais aussi laminés en quart de finale (4-0). Par contre, en demi-finale, contre l’Espagne championne d’Europe en 2008 qui s’était déjà imposée face à la «Mannschat» de Mickaël Ballack (1 à 0 : but de Torrès),  cette équipe Allemande  a séduit par la richesse de ses espoirs (au sens propre et figuré). Les ibériques ont su mettre sous l’éteignoir cette captivante machine « made in Germany » qui s’enrailla pourtant, subissant trop le jeu d’inspiration Catalane. Par un manque de fraicheur mais aussi par l’absence du prodige Thomas Müller, la « Mannschaft » finit par concéder un but sur coup de pied arrêté, point faible pourtant des espagnols. Encore un score étriqué (1 à 0 : but de Pujol) mais Dieu que cela a fait du bien aux amoureux du « beau jeu », même si je ne suis pas sûr que le bienfaiteur y soit pour quelque chose. Lire la suite

« La coupe est pleine ! », par Jean-Marc Mézenge

L’équipe de France va disputer son premier match de coupe du monde 2010 contre l’Uruguay dans un désarroi populaire habituel. Avant même le début de la compétition et lors de son dernier match de préparation contre la Chine, Raymond Domenech, le sélectionneur national, fier comme Artaban, a battu, lui, le record du nombre de rencontres dirigées par ses soins avec, à la clef, « une défaite 1 à 0  sans conséquences ». Les plus superstitieux y verront là un signe des dieux du ballon rond qui veulent, sans doute à leur manière, manifester leur mécontentement face à ce paradoxe criard, ce caprice du destin, de l’histoire des tricolores qui donne de l’urticaire aux anciens de France 98 depuis maintenant 6 ans. Le monde du ballon rond n’en est, hélas,  pas à une injustice près. Lire la suite

« C’est quand le bonheur ? », par Jean-Marc Mézenge

« Ce soir, on vous met … ce soir on vous met le feu » – « Marseillais, Marseillais, Marseillais, … » – « On est les champions, on est les champions, … » –

Ces slogans et cris de joies, venant des tribunes du stade Vélodrome le soir du 5 mai 2010, viennent ponctuer  un match de football pas comme les autres, la 36ème journée du championnat de L1, décisif pour l’attribution du titre.

Quatre vingt dix minutes plus tôt, des Rennais au maillot plus noir que rouge s’équipaient de leur habit de lumière pour affronter un adversaire tout auréolé d’un titre de vainqueur de la coupe de la Ligue. Lire la suite

« Les grands joueurs ne meurent jamais », par Jean-Marc Mézenge

Sylvain Wiltord poursuit sa fabuleuse carrière au FC Metz, en Ligue 2. Sevré de plaisir au quotidien sur les bords de la Vilaine, « pigiste » du côté de l’OM, puis au chômage technique pendant six mois après son départ du Stade Rennais de Guy Lacombe, il s’est laissé séduire par le projet Lorrain qui tente de retrouver l’élite Nationale. Non seulement cette équipe est devenue l’attraction de cette fin de saison en ligue 2 mais je ne vous cache pas que je ne manque, sous aucun prétexte, une rencontre des grenats aux maillots frappés de la croix de Lorraine. Lire la suite

« Donne ta balle ! », par Jean-Marc Mézenge

« Donne ta balle ! ». Ce cri du cœur a longtemps hanté les terrains où évoluaient les jeunes pousses du Stade Rennais. Les Gourcuff, Lemoine, M’Vila et consorts (ou « qu’on sort » pas) s’en souviennent sans doute encore. Il y a 4 ans, la consigne récurrente et appuyée marquait un état d’esprit, une envie viscérale et instinctive de voir « du beau jeu collectif». Il était le signe de ralliement d’un « papy antillais », dirigeant-éducateur bénévole, qui « sévissait » comme une lame de machette sur le pied de la canne à sucre en période de récolte. Aujourd’hui, « mon papy » n’est plus sur les bords des terrains mais son esprit est toujours là et son « cri de guerre » vient toujours introduire la bise qu’il fait à « ses enfants du ballon rond ». Lire la suite

« Le jeu… n’en vaut pas la chandelle », par Jean-Marc Mézenge

Le jeu n’en vaut pas la chandelle. Si, au XVIème siècle, cette maxime avait tout son sens pour traduire les faibles gains d’un jeu (souvent de cartes) qui ne pouvait amortir le coût du produit de luxe qu’était la chandelle, aujourd’hui, force est de constater que cet adage moyenâgeux vient très souvent  s’adapter à la modernité de notre époque et épouser la complexité de notre football.

« Le jeu n’en vaut pas la chandelle, entend-on par ici, ou « cela en vaut-il la peine ?», rétorque-t-on par là, ou bien, encore : «  Cela justifie-t-il les frais envisagés ou les problèmes qui vont en découler ?», s’insurgent  les plus renfrognés du bocal lorsque, par exemple, les responsables du Stade Rennais, pris en otage, répondent aux exigences des instances du football et de leurs partenaires économiques (la télé) pour déployer des moyens onéreux et peu écologiques afin de rester fidèles à la célèbre chanson de Queen : «  The Show must go on ». Lire la suite