Coupe de la Ligue : à la rencontre des supporters rennais !

A la veille de Saint-Étienne – Rennes, en finale de la Coupe de la Ligue, Stade Rennais Online est allé rencontrer deux authentiques supporters rennais pour un débat (presque) imaginaire et exclusif : Yann Lagagne, de Chantepie, chroniqueur enthousiaste sur Hit West et Alain Kerplouz, de Trimer, membre du club des Socios de Rennes et habitué des forums de SRO depuis des années. Deux témoignages avant cette échéance, et deux regards peut-être familiers sur la saison en cours et sur l’histoire récente du Stade Rennais depuis la remontée parmi l’élite de 1994. 

Stade Rennais Online : Quel pronostic à la veille de cette finale historique contre les Verts ?

Alain Kerplouz : La question qui tue… Rennes est clairement outsider sur ce match. En ce moment on joue aussi mal que Saint-Étienne bien, si chacun joue à son niveau on risque la démonstration. Avec les nombreuses absences, le moral dans les chaussettes, la défense insignifiante et les attaquants muets, c’est peu dire que je suis plutôt pessimiste… D’ailleurs je n’ai même pas pris mes billets pour le Stade de France, une fois ça suffit ! (rires)

Yann Lagagne : Je ne serais pas de cet avis. Rennes c’est l’atout maître de La Française Des Jeux, leur poule aux œufs d’or, le cauchemar du Loto Foot. En coupe contre un contre un club de DH, c’est la défaite assurée. Contre une L1 en revanche, l’équipe à toutes ses chances, les statistiques le prouvent. Rennes cette année comme toujours c’est un exploit au Parc à 9 contre 11 et une pathétique défaite à domicile contre Nancy à 58 contre 1. Saint-Étienne est clairement favori, c’est pour cela que je suis très confiant. J’ai raté 2009, cette fois je serai au Stade !

« Rennes, c’est le cauchemar du Loto Foot »

 

SRO : En quoi cette échéance sera-t-elle forcément différente de 2009 ?

YL : Justement ça. 2009, c’est Rennes qui est favori. Contre une L2, Guingamp qui plus est. Quelques années plus tôt on leur passe un set à domicile (6-1 le 17/03/2001 ndlr) avec en plus un but de Severino Lucas ! L’humiliation ! (éclats de rire) Et là derrière on les retrouve en finale, affiche de rêve, résultat assuré, L’Equipe édité en breton… c’était la catastrophe annoncée ! Cette année, rien à voir, j’y crois dur comme Verts.

AK : En 2009, ça se joue sur un concours de circonstance.  Ça restera le grand regret d’une vie de supporter, l’opportunité manquée. Ce match est un tournant à mes yeux, et nous avons fait un tout droit. Tout était réuni pour une victoire magnifique, dans une belle compétition, entre Bretons, entre « Rouges et Noirs », et le SRFC devant… (soupir) Là on part outsider dans une sous-compétition qui ne devrait même pas exister, j’ai du mal à y croire, j’ai même du mal à en rêver.

SRO : Quel regard portez vous sur la saison des « Rouge et Noir » ?

AK : J’ai théorisé les dernières saisons du Stade Rennais sur une base statistique et on est dans le scénario 2, celui que je déteste le plus. Dans le scénario 1,  « Bergeroo/Halihodzic » par exemple, on démarre de façon catastrophique, on est quasi relégable à l’automne, on a un gros coup de bourre et on finit au milieu du tableau voire au pied du podium après une série phénoménale et de grands espoirs. Dans le 2 c’est l’inverse, on démarre pas mal, on y croit, puis tout part en eau de boudin, mercato raté, blessures, débandade, défaites indignes, élimination des coupes nationales, joueurs qui regardent ailleurs… Depuis la reprise de janvier rien ne me laisse penser que, comme l’an dernier d’ailleurs, on fera différemment que dans le scénario 2, qu’on ne tardera pas à appeler « Antonetti » d’ailleurs !

YL : (rires) Décidément Alain et moi…. Je trouve au contraire qu’il s’agit d’une des saisons les plus excitantes de l’histoire récente du Stade Rennais ! Des joueurs magnifiques et un fond de jeu intéressant. Regardez le dernier Rennes – Saint-Etienne (2-2 ndlr), quel match ! Pas une seule fois nous n’avons connu ces matchs profondément ennuyeux que nous connaissons par cœur… La défense y est pour beaucoup, certes, mais le quatuor Féret – Pitroipa – Erding – Alessandrini nous a vraiment régalés, et, malgré la blessure de ce dernier, je ne vois pas pourquoi il ne continuerait pas ce samedi !

« Si on cherchait un capitaine symbole pour un club moyen, on l’a ! »

 

SRO : Deux joueurs en particulier se détachent dans l’esprit des supporters rennais, qui font l’âme de ce Stade Rennais 2012-2013 : Romain Danzé et Julien Féret. Que représentent-ils à vos yeux ?

AK : Deux exemples parfaits de la lose à la rennaise. Danzé c’est le chouchou du public parce qu’il est sympa, qu’il est sur Twitter, blablabla et qu’il est breton. Ok. Maintenant quand on parle de foot c’est autre chose, défensivement c’est limite, offensivement bof, et au niveau de l’influence sur le terrain pffff, qui l’imagine aller recadre M’Vila ? Bref, si on cherchait un capitaine symbole pour un club moyen, on l’a ! Quand à Féret, c’est un joueur magnifique, dommage qu’on ait mis 10 ans à s’en rendre compte. A 31 ans, ce n’est plus vraiment une valeur d’avenir…

YL : Moi je les aime bien ces gars là. Ils sont doués, ils sont sympas et ils aiment Rennes et son ambiance. Danzé il a ce truc qui fait les coqueluches : le footeux qui plaît aux ménagères. J’aime bien sa hargne et sa gueule de travers quand il court derrière l’attaquant et qu’on sent qu’il va au bout de lui-même. Plutôt rare comme joueur. Et Féret, quelle classe, quel buteur aussi, on l’oublie souvent ! Mais moi j’aimerais aussi qu’on parle de Pitroipa : ce mec transpire le foot par toutes ses pores, quand il prend le ballon tout le monde retient son souffle, avec lui tout peut toujours arriver.

AK : (rires) … en particulier le pire et l’inutile …

YL : en attendant cette année on sait pourquoi on paie sa place au Stade !

SRO : Finalement, alors que l’on fêtera les 20 ans de la remontée l’an prochain, et indépendamment du résultat de samedi, qu’est-ce qui a changé au Stade Rennais ?

YL : On est devenus un gros club. Un de ceux sur lesquels il faut compter. Un grand centre de formation, des structures solides, de bons joueurs, un public fidèle bien qu’un peu exigeant. Il manque une étincelle pour que tout s’embrase, et ce ne serait pas qu’un feu de paille ! Pourquoi pas ce week-end ?

AK : Pas grand chose, au fond l’ensemble du foot français a progressé, Rennes avec, ni plus ni moins. On reste un club de milieu de tableau sans supplément d’âme et sans ambition. De bons joueurs, mais souvent avant ou après leur apogée. Dréossi administre en gestionnaire les rares fonds dégagés par l’actionnaire majoritaire. Toute tenait tant qu’on misait sur les jeunes et que le centre sortait année après année de futurs très bons joueurs, mais on voit les limites de ce système : les jeunes se tirent, le club stagne, le risque est grand que l’aventure finisse mal, et que l’on retrouve bientôt la peur de l’ascenseur.

« On y est toujours presque, mais on y est pas du tout »

 

SRO : Au fond, qu’est-ce qui fait de Rennes un club si particulier ?

AK : Le fait que ce soit le mien, c’est tout. C’est un club banal d’une ville moyenne, mais je suis né « Rouge et Noir » alors pour moi c’est LE club.

YL : C’est le club où rien ne se passe et pourtant tout arrive. On y est toujours presque, mais on y est pas du tout. Il suffit qu’un jour tout bascule, et ce jour ce sera ce week-end, c’est sûr !

NDLR : cette conversation fictive est inspirée par le dialogue permanent existant entre le lobe droit et le lobe gauche du cerveau de son auteur. Toute ressemblance avec des personnes existantes est purement fortuite.

Par F. Tommaso

3 réflexions au sujet de « Coupe de la Ligue : à la rencontre des supporters rennais ! »

  1. Génial !
    Tout est dit !
    Quelqu’un du forum avait écrit à quelque chose près: « Le Stade est capable du pire comme du meilleur et c’est surtout pour ça qu’on le supporte. C’est qu’avec lui on ne s’ennuie jamais ! » et, à mon sens, c’est un peu la conclusion de cet entretien: On a toujours un truc à dire sur le Stade.
    Quoi qu’il arrive, on parlera encore beaucoup de cette finale.
    Bonne chance aux rennais, faites-nous vibrer !

  2. SRFC, més (pres)que un club.

    Merci Inamoto-Tracteur pour cette belle bafouille!

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