« Des exemples à suivre ou pas ! », par Jean-Marc Mézenge

Au Stade Rennais, comme ailleurs, on a tendance, faute de créativité, à s’inspirer de ce qui se fait dans le « jardin du voisin ».

A la recherche d’une fibre identitaire, le  Bro gozh ma zadoù, (Vieux pays de mes pères),  l’hymne breton,  est diffusé avant chaque rencontre sur les écrans géants du Stade de la route de Lorient mais voilà, presque personne ne chante ! Alors que pour moderniser et pérenniser un hymne « du club » traversant le cœur et le temps,  n’aurait-on pas pu solliciter un Nicolas PERAC ou un Yvan CASSARD, deux professionnels dont la traçabilité locale n’est plus à prouver  ?

La version « des Vampas de Cleunay et « du Jacky show», de « Galette-saucisse, je t’aime » qui la rend encore plus indigeste,  fait fureur et  donne surtout aux spectateurs un état d’esprit de « supporters, êtes-vous là ? » et  l’occasion pour beaucoup d’entonner ce refrain de comptoir au rythme de breuvages avalés.  Comment peut-on reprocher au public de ne « pas avoir de culture » alors qu’on lui « donne » ce genre de plaisir.

On a même fait appel à  Roger Le Contou et Fred Le Disou, version gallo de « José et René » de Radio Mayenne dans les  années 80, deux supporters hauts en couleurs, rouge et noir, pour donner un angle humoristique à la vie du club ou à la tactique à adopter. Un régal  mais encore un plagiat ! Alors le Rennais est-il gallo ou breton ? Je n’y comprends plus rien !

De plus, la musique qui accompagne l’entrée des joueurs est celle du Celtic de Glasgow. On chauffe l’ambiance avec des «  tous ensemble, tous ensemble ! », slogan entendu dans tous les stades de France et de Navarre. On conditionne le public à qui il sera reproché par la suite son « inculture notoire ».

Ça amuse tout le monde. Enfin presque, car beaucoup ne s’identifient pas dans ces exemples à suivre !

Le match peut alors commencer pour nous donner très souvent un air de déjà vu. Je parle, bien évidemment, des nombreuses déceptions vécues ces trois dernières années et qui ont pourtant les mêmes causes : l’incapacité à gérer le stress de l’excellence. On essaye de franchir la fameuse marche alors qu’on se prend les pieds dans le tapis à la moindre occasion. Les explications sont souvent sincères mais aussi teintées d’excuses où on nous explique tout et son contraire.

Parlons du jeu maintenant.

Ma nourriture hebdomadaire ne se réduit pas toujours à essayer d’analyser des matches de football de haut niveau.  Mais je l’avoue, en tant que téléspectateur, cette semaine,  je me suis « penché » sur deux matchs qui se sont soldés par la même peine (sens propre) ou plutôt la même punition (0-3).

Je fais référence, bien évidemment, à la défaite des Rouge et Noir au Parc et à celle de l’Athletic de Bilbao face à l’Atletico de Madrid de  Falcao, « el loco », et  de Diego, « libre dans sa tête », lors  de la finale ibérico-ibérique de l’Europa League.

Deux défaites contrastées, deux exemples à suivre ou pas, pour progresser vers la direction d’une politique sportive qui gagne et qui met le cœur de ses supporters au bord des lèvres.

Certes, le jeu proposé par les Basques n’a pas réussi à vaincre ce soir-là des Madrilènes expérimentés, réalistes et stratèges. Mais l’identité propre de leur jeu proposé par un Marcello Bielsa, apôtre du mouvement collectif, développé tout au long de cette compétition, du comportement des joueurs, fiers de leur maillot et de leur terre, en parfaite osmose avec la joie d’un public doté de la double culture, basque et footballistique, fut sans doute la voie à suivre pour ceux qui rêvent d’un Stade Rennais avec des valeurs bretonnes identifiables par un label de qualité.

Alors, chacun pourra interpréter cette suggestion comme il l’entend et prendre ou pas les bons exemples à suivre !

Montpellier y est arrivé !

Jean-Marc Mézenge
Jean-Marc Mézenge est l’ancien adjoint de Raymond Kéruzoré et consultant sur France Bleu Armorique.

 

6 réflexions au sujet de « « Des exemples à suivre ou pas ! », par Jean-Marc Mézenge »

  1. Je le dis depuis plusieurs semaines, je rêve d’u stade Rennais en mode Atletic Bilbao. C’est à dire avec une majorité de joueurs Bretons. Là oui, on aura une âme, une fierté à encourager les joueurs. On veut des Etienne Didot, Fabien lemoine, Romain Danzé, Gael Danic et autre Yohan Gourcuff. Des joueurs qui aiment le club, la region et qui viennent saluer leurs public. Et même si il faut jouer le maintien, je vote oui si un referendum est proposer aux supporters à ce sujet là.

  2. je suis également d’accord on voyait plus d’envis de la part du club en général et des joueurs en particulier quand le club était en danger. Maintenant ne tombons pas non plus dans la « breizh attitude » au même titre que la « bilbao attitude » ça marche peut-être là-bas mais pas forcément sur que ça marche au stade rennais.

  3. N’oublions pas non plus Arnault Le Lan , qui malgré ses  » 1 m. 60  » prenait souvent l’avantage de la tête auprès de gabarits plus imposants ; mais il y mettait son grand coeur .
    Pardon si d’autres sont oubliés .
    En ce qui concerne l’hymne breton , je m’égosille un max , mais malheureusement dans un désert d’indifférence , auprès de ce j’appelle  » méchamment  » une masse de gélatine !
    A l’image d’ailleurs de la majorité des  » spectateurs  » ; si le spectacle était plus emballant , ça réveillerait peut-être tout ce gentil monde , mais ce ne semble pas être dans les gênes rennais .
    Je souhaite depuis longtemps que l’hymne breton soit TOUJOURS imprimé – en GROS CARACTERES – dans le bulletin  » Rouge & Noir  » !
    Je préfère celà d’ailleurs au  » Galettes / Saucisses  » & autre musique qu’on entendait déjà dans les années 50 !
    Salut à J.M. Mézenge que j’ai un peu cotoyé à l’époque où j’oeuvrais comme « bénévole / bricoleur  » au Stade . Pendant une décennie !

  4. J’avais oublié de cocher :  » m’avertir par e-mail etc . . . « 

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