« Le roi est mort, vive le roi ! », par Jean-Marc Mézenge

Oyé, oyé braves gens, la révolution française du football est en marche !

L’heure est à la transparence et à la liberté d’expression de chaque individu, de chaque famille, de chaque institution pour l’évolution de notre « noble sport ». Crise oblige !

Après le  traumatisme «  de Knysna » et de la coupe du monde en Afrique du sud où l’équipe de France s’était distinguée avec son bus de la honte, on nous avait promis une rénovation indispensable après des états généraux de la Fédération Française de Football auditée par une commission consanguine.

« Le peuple » tout entier y croyait et criait son ras le bol de la gouvernance monarchique des dirigeants du football Français que manipulait, tapis dans l’ombre, celui qui tirait les cordons de la bourse et ceux de la partie sportive cristallisée autour d’une relation très amicale avec le sélectionneur de l’épopée suicidaire, Raymond Domenech, roi lui aussi mais de la désillusion. 

Vous avez reconnu le maître des lieux, Noël Le Graët, qui a accepté cette fois-ci, de monter sur le trône de la « fédé » pour mieux écraser sa soif du pouvoir et de sensations fortes.

D’ailleurs, dans le conflit prud’homal qui oppose Raymond à Noël, le paradoxe en est cocasse. Ca sent l’arrangement entre amis, non ? Suis-je trop lucide ou résigné pour avancer cette hypothèse ?

Alors, le roi de la désillusion est mort, vive le roi de l’illusion !

Car force est de constater qu’il nous a fait un sacré tour de magie, « le Noël ». L’homme sévèrement doté de convictions et d’arguments financiers éclabousse le royaume de ballon  rond de toutes ses qualités de « bon breton paysan » (c’est une qualité) qui a réussi dans les univers impitoyables que sont le Football et la grande distribution.

Il a même réussi à convaincre plus de  54% des voix du conseil fédéral (comme le testament, l’ancien ou le nouveau ?), au premier tour, sur une triangulaire avec des candidats plombés par un déficit de charisme, d’idées et de projets novateurs au profit de celui qui annonce justement le plus de profits et de perspectives vénales et qui, en guise de rénovation incontournable, propose tout simplement de ne pas changer une équipe qui gagne de l’argent. La classe !

Mais, quand on se pose une question simple : qui dirigeait la fédé avant la « révolution de juin 2011 » ? La réponse est une évidence et pourrait être, sans doute, une suggestion de Julien Le Perse dans  « question pour un champion »: le père Noël, bien sûr.

Bravo Monsieur Le Graët, mais cette fois ci, choisissez bien vos hommes car c’est peut-être votre talon d’Achille. Vous avez sans doute le sens des affaires mais pour le sens des projets humains, votre parcours, par le passé, a eu quelques ratés. Je sais vous allez me parler de la coupe de France 2009. Mais n’apprend-on pas plus de ses échecs ?

L’intelligence est une autre de ses qualités majeures et la nomination de Jocelyn Gourvennec comme entraîneur d’En Avant en est la preuve. S’est-il souvenu de la réussite de son binôme avec Raymond Kéruzoré au cœur des années 90 ? D’ailleurs, je pense que l’on verra un jour très prochain « Joce » le breton sur le banc des Rouge et Noir.

Sur le plan national, ce sont aussi les hommes et leurs complémentarités de compétences qui doivent servir le jeu et non le jeu des hommes qui doit servir leur intérêt.

A méditer M. Le Graët, sans modération, mais vous êtes sur la bonne voix.

Jean-Marc Mézenge

Jean-Marc Mézenge est l’ancien adjoint de Raymond Kéruzoré et consultant sur France bleu Armorique.

6 réflexions au sujet de « « Le roi est mort, vive le roi ! », par Jean-Marc Mézenge »

  1. Je suis en partie d’accord avec la substance de ce texte, mais je ne comprends pas vraiment ou est le rapport avec le Stade Rennais? On a derive sur une tribune de football generaliste qui oublie le club

    Les chroniques precedentes gardaient un rapport avec Rennes. Sur celle-ci, le seul lien avec le club est Keruzore, qui est ici cite pour son travail a Guingamp et non a Rennes…

    Pourtant il y aurait des choses a dire, un recrutement qui se met en place, une saison europeenne qui commence. Je ne comprends pas le billet sur ce coup la!

  2. Oui c’est vrai je ne vois pas vraiment le rapport avec le stade rennais, mais bon …

  3. Mes chroniques ne parlent pas toujours du SRFC ! voir : « Ich liebe Dich deutsche Mannschaft ! » De plus, il n’y a pas trop d’actualité sur le SRFC !
    Ca parle de l’homme qui défie la puissance de l’argent par les mêmes armes : le pouvoir et l’argent.
    Ca parle d’un homme intelligent qui a défié la chronique au mois de juin sans une once de suspicion sur son intention de voir, un jour, Guingamp prendre le leadership du football breton.
    Ca ne VOUS rappelle rien ?

  4. Ce commentaire est relativement méchant et cible un homme qui, n’en déplaise à l’auteur de l’article, a fait beaucoup pour le football français.; il a été très très courageux au moment de l’affaire OM/VA, en particulier.
    Quant à la dernière phrase, je n’ai pas compris ; « vous êtes sur la bonne voix ». Peut-être cherche-t-il sa voie.
    Je m’étonne, par ailleurs, que M. Le Graet ait pu émettre un avis laissant penser ou affirmant que Guingamp était en mesure de prendre le leadership du football breton.
    Peut-être cette « haine » envers l’homme est-il le résultat d’une mauvaise digestion de la finale de la coupe de France? ; Guingamp a gagné sur un match certes, mais cela ne veut rien dire. merci à Sow quand même car, s’il avait été un peu plus raffiné dans son jeu, il n’aurait pas écrasé son boulet sur la barre et le résultat final aurait été en faveur de Rennes .

  5. Ni haine, ni rancoeur, bien au contraire … le double sens de ma chronique a manifestement échappé à certain.
    Je vous rejoins sur l’homme exceptionnel qu’est Noël Le Graët mais je m’insurge contre les couleuvres qu’on essaie de nous faire avaler sur « la révolution Française ».
    Ceux qui connaissent l’homme connaissent aussi son ambition et sa pugnacité de Breton. Je suis de ceux qui admirent ces qualités. J’observe simplement qu’il a su trouver le bon ton (Voix) pour séduire le football amateur. Redoutable, il va atteindre ses objectifs, sur le plan local et et nationa,l et je m’en réjouis.
    Je n’ai aucune aversion à l’égard d’En Avant, j’y compte d’ailleurs quelques amis en place… Ils se reconnaîtront !
    Enfin, Guingamp méritait sa victoire en Coupe de France. En direct, sur Armorique, j’ai souligné les mérites sportifs et financiers orchestrés par Noël Le Graët.

Les commentaires sont fermés.