Les yeux dans les Rouge et Noir, épisode 5

Cette année l’effectif est pléthorique. Tout le monde ne pourra pas jouer en équipe première, même si certains font des apparitions, alors qu’on les croyait cantonnés à la réserve.

Kermit par exemple. Il est arrivé chez nous lors de la trêve hivernale d’Afrique du Sud. Après le premier entraînement, alors qu’il longeait le stade, il s’est fait embarquer par le directeur du centre de formation qui croyait que c’était un pensionnaire qui faisait le mur et l’a enfermé à double tour dans une chambre. Il a eu beau tambouriner sur la porte, peine perdue ! Le lendemain matin il l’a flanqué dans le minibus des moins de 15 pour aller disputer un match de championnat. Mais finalement il ne l’a pas fait entrer en jeu, le jugeant trop frêle.

Ce n’est que lorsque sa femme a appelé au club pour dire qu’il n’était pas rentré la veille que le formateur s’est aperçu de son erreur. Après réflexion, il trouvait bizarre aussi qu’un moins de 15 ait autant de moustache.

Ça risque pas d’arriver à notre doyen Sylvain. Lui c’est le patriarche. Il a même été interviewé une fois par Georges Dominique ! Aujourd’hui il a 36 ans mais avec tout ce qu’il a vécu tu croirais qu’il en a au moins 50. D’ailleurs au compteur de rencontres de Ligue 1 il affiche 505. Bon maintenant en option il a la caravane qui va avec. Il a quand même joué 9 saisons au PSG avant de venir en pré-retraite chez nous. Comme Chantôme qui termine son tour de France des clubs pépères après Toulouse et Bordeaux.

Les jambes de Sylvain c’est Prison Break : il a des traces de crampons partout. Des fois il nous explique : « Ça c’est Dagui Bakari, là c’est Nicolas Goussé, ici Lamine Sakho et là encore Cyrille Pouget ». Nous on croyait que c’était des séquelles de matchs de National quand il a débuté à Clermont-Ferrand. Mais non tous ces mecs ont joué en Ligue 1 ! Il n’y a que les collectionneurs d’album Panini qui les connaissent. Mais celles dont il est le plus fier ce sont deux balafres de 2002 de Van Nistelrooy et Beckham contre Manchester en Champions League. Respect.

C’est le sage du vestiaire. Quand il dit quelque chose, tout le monde écoute. Hier par exemple il a soufflé : « Oh j’ai mal dans le bas du dos, demain il va pleuvoir. » Et ben heureusement qu’on n’écoute pas trop Yoann parce qu’il ferait pas souvent beau !

Cette année le coach n’a pas l’air de compter sur lui. Du coup il peut s’adonner à son loisir favori : le barbecue.

L’autre indestructible de l’équipe c’est notre capitaine historique, Romain. Alors lui c’est une énigme. Tous les ans il est annoncé comme 3e ou 4e arrière gauche et tous les ans il est titulaire les trois-quarts des matchs. C’est Highlander, tu le crois mort et il se relève. « Il paye pas de mine mais il est efficace » dit de lui Benoit notre gardien, qui s’y connait en apparence. Un peu comme Hrubesch dans les années 80. Ça fait tellement longtemps qu’il est là qu’on ne sait même plus quand il est arrivé. D’ailleurs c’est pour cela qu’on parle de calendes romaines à propos d’un temps très lointain.

Comme Maldini il a fait toute sa carrière au club. Bon la comparaison s’arrête là. C’est plutôt le Claude Puel des temps modernes. Cette année il était barré par un jeune, Steven, qui comme par hasard est passé à travers lors du premier match. Dès le 2e il avait repris la place. On se demande s’il ne connait pas un sorcier au fin fond de son Finistère. De toute façon plus aucun arrière latéral ne veut signer à Rennes tant qu’il est là. Demandez à Dimitri ou Mehdi ce qu’ils en pensent.

Aux dernières nouvelles son agent est toujours sous antidépresseurs. D’autant plus qu’il gère également les affaires de Loïc Perrin et de Yannick Cahuzac.

Si Romain continue on finira par retirer le numéro 29 à sa retraite comme dans les grands clubs de NBA. Et puis comme plus personne ne voudra le porter…

Par Etienne Lido

Une réflexion au sujet de « Les yeux dans les Rouge et Noir, épisode 5 »

  1. À quand un vrai patron breton à la tête du stade rennais , comme Vincent Bolloré
    Il faut désormais des dirigeants et non des  » fiotes » qui adressent un sentiment de faiblesse de notre belle région bretonne.

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